Pourquoi le plan 2030 pour les semi-conducteurs est bien faible

Il y a 5 jours 17

Audric Doche

Pourquoi le plan 2030 pour les semi-conducteurs est bien faible

Emmanuel Macron a annoncé un grand plan de 30 milliards d'euros pour de nombreux secteurs clés du futur, dont l'énergie ou encore les semi-conducteurs. Ils ne recevront toutefois qu'une petite partie de l'enveloppe, alors que les entreprises du secteur investissent bien plus.

Sur le papier, le grand plan d'investissements annoncé par Emmanuel Macron paraît intéressant. Le président a en effet dégagé une enveloppe de 30 milliards d'euros sur cinq ans. Elle sera toutefois à répartir entre plusieurs secteurs clés pour l'avenir, comme le nucléaire, les biotechnologies, la santé ou encore l'énergie.

Vous l'aurez compris, ce sera 30 milliards d'euros à répartir entre les différents secteurs, et sur cinq ans. En clair, la filière hydrogène, pour ne citer qu'elle, ne recevra qu'une partie de cet argent, alors qu'il reste tout à faire sur ce carburant dont la production mondiale reste à près de 90 % d'origine fossile, sur la base du vaporeformage du gaz. Un gaz dont les prix ne cessent d'ailleurs de grimper et qui concentre aujourd'hui toutes les tensions. L'industrie du transport, elle, souhaite déjà produire des millions de véhicules à hydrogène d'ici 2030, sans que l'on soit sûr de pouvoir réellement produire de "l'hydrogène vert" en quantités industrielles massives d'ici là. La poule avant les oeufs ?

Les ordres de grandeur ont en tout cas la peau dure. Il est en effet toujours bon de mettre en parallèle les sommes annoncées par l'Etat français aux côtés des investissements du secteur privé pour se rendre compte de l'ampleur réelle du plan 2030. Et la comparaison est sans pitié : le premier fabricant mondial de semi-conducteurs, TSMC, a récemment annoncé un investissement de 100 milliards de dollars sur trois ans, alors que l'enveloppe allouée par Emmanuel Macron pour la France sur cinq ans est de... 6 milliards d'euros. Rappelons que la part de l'Europe dans la production mondiale de semi-conducteurs est passée de 40 % à 10 % en 20 ans. Le retard sur les asiatiques semble ici presque impossible à combler, surtout avec des sommes aussi dérisoires face aux mastodontes étrangers.

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