Une auto électrique doit rouler 200.000 km pour compenser son déficit carbone

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Par Alain-Gabriel Verdevoye le 22.06.2022 à 17h15 Lecture 3 min. Abonnés

"Une auto électrique doit rouler 200.000 km pour compenser son déficit carbone du puits à la roue", c'est-à-dire depuis l'extraction des terres rares jusqu'à la destruction des batteries, selon Philippe Varin. Et ce, par rapport à une voiture à essence. L'ex-président de PSA auteur d'un rapport sur les approvisionnements déplore que ce bilan total ne soit pas pris en compte.

Citroën ë C4 électrique

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"C’est la première fois qu’un continent décide d’abandonner sa souveraineté, qu’une industrie se fait hara-kiri", lâche Luc Chatel. "A horizon de cinq ans, les effets sont inimaginables". C’est en ces termes que le président de la Plateforme automobile (PFA) représentant la filière auto tricolore a qualifié le vote du Parlement européen, le 8 juin dernier, en faveur de l’interdiction des véhicules thermiques à la vente en 2035. Et ce, alors que le Conseil européen devrait ratifier cette prohibition à la fin du mois de juin. Lors d’une table ronde  consacrée à la "Transition énergétique, d’une dépendance à une autre?" ce mercredi à Paris, Luc Chatel a rappelé qu’il faudrait des "centaines de milliards d’euros d’investissements pour prendre ce virage", qui peut être… fatal à la souveraineté européenne.

Cette électrification va en effet "multiplier par onze la production de batteries entre 2021 et 2030, les besoins de cobalt par six, de lithium par onze, de nickel par douze". Car, pour  obéir à Bruxelles, les électriques et hybrides rechargeables devraient "représenter 38% des ventes de véhicules neufs en Europe en 2025, 70% en 2030 et les électriques 100% en 2035". Or, "la Chine contrôle 75% de la chaîne de production de la batterie, 50% de la valeur d’un modèle électrique".

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