Un an après - Le retour aux 90 km/h : où en est-on ?

Il y a 1 semaine 12

Le contexte

Le 1er juillet 2018, la limitation de vitesse sur le réseau secondaire a été abaissée à 80 km/h. Une mesure initiée par le Premier Ministre de l'époque, Édouard Philippe, qui a souhaité un geste fort pour faire baisser la mortalité routière, quitte à prendre de court le Président de la République, qui ne s'était pas montré favorable avec cette idée, forcément impopulaire. Ce dernier avait d'ailleurs fini par la présenter comme une expérimentation nationale de deux ans, avec retour en arrière si les résultats n'étaient pas là.

La décision

La mise en place des 80 km/h, c'était avant la crise des Gilets Jaunes, qui a vraiment "éclaté" fin 2018. Le mouvement a pris racine sur des mesures visant les automobilistes, notamment un projet de hausse des taxes sur les carburants. Mais les 80 km/h étaient aussi très critiqués. Au point que fin 2018, lors d'une rencontre face à des élus locaux, Emmanuel Macron aurait reconnu que la mesure était "une connerie".

Et ces derniers, souvent dans l'opposition de droite, avaient justement beaucoup soufflé sur les braises tout au long de 2018, reprochant un manque de concertation au niveau local. C'est par ce biais que le gouvernement s'est d'une certaine manière débarrassé du dossier.

Pour calmer les esprits, Emmanuel Macron a permis un retour aux 90 km/h via la loi d'orientation des mobilités, permettant aux présidents de département de revenir à cette limitation sur les routes qui relèvent de sa compétence, ce qui exclue de fait les nationales. La loi a été votée fin 2019. Le 9 janvier 2020, la Haute-Marne était le premier département à ressortir les panneaux 90 km/h.

Et depuis ?

Depuis, de nombreux départements ont rejoint la Haute-Marne. Ce sont avant tout des départements qui se considèrent comme très ruraux, loin de Paris, avec peu de kilomètres d'autoroutes sur leur territoire. Au 1er janvier 2021, la liste s'est allongée avec l'Aube et la Mayenne. Le Tarn et la Dordogne suivront d'ici le printemps.

Pour une majorité, le retour s'est fait en douceur, sur quelques principaux axes structurants du département. Mais quelques-uns ont osé un retour en arrière "général", sur l'ensemble du réseau dont ils ont la charge : la Corrèze, le Cantal, l'Allier, la Creuse.

Sur le plan de la sécurité routière, il est forcément difficile de faire un point, à l'issue d'une année si particulière, marquée par deux périodes de confinement, dont une première où le trafic a vraiment chuté. Cela s'est vu dans les chiffres nationaux, avec un recul du nombre de tués de 40 % en mars et de 55 % en avril !

Parmi les premiers indicateurs, on peut regarder du côté de l'Orne, 2 046 km de départementales sont repassées aux 90 km/h en juin dernier. Au total, 27 personnes ont perdu la vie sur l'ensemble des routes du département en 2020, soit 3 de moins qu'en 2019.

Les départements qui ont remis en place les 90 km/h (ou s'apprêtent à le faire)

Allier, Hautes-Alpes, Aube, Calvados, Cantal, Charente, Charente-Maritime, Cher, Corrèze, Côte-d'Or, Creuse, Dordogne, Eure-et-Loir, Hérault, Indre, Indre-et-Loire, Jura, Loir-et-Cher, Haute-Loire, Loiret, Lozère, Maine-et-Loire, Mayenne, Orne, Hautes-Pyrénées, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Sarthe, Seine-et-Marne, Deux-Sèvres, Tarn, Vienne, Vosges.

En gras : les départements qui ont généralisé le retour à 90 km/h. Pour le reste, cela peut être quelques kilomètres ou des centaines.

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