Essai Essai : Ferrari 812 GTS, mon cadeau de Noël

 Ferrari 812 GTS, mon cadeau de Noël

Les plus

V12 atmosphérique

Ferrari cheveux au vent

Performances extrêmes

Les moins

Fiscalité inconcevable, même à ce prix

Attention aux manœuvres !

Le père Noël ne la livre pas en cadeau

Par Etienne Bruet Mercredi 2 décembre 2020

On dit souvent que Ferrari est une sorte de magasin de jouets pour enfants gâtés qui ne veulent pas grandir ! Je comprends tout à fait cet adage. En plus, ça tombe plutôt bien, car je n'ai absolument pas du tout envie de vieillir. « Dis, Papa Noël ? J'ai été bien sage cette année ! Allez, dis, un petit cadeau sous le sapin, ou plutôt dans le garage ? J'ai mis sur ma liste, la Ferrari 812 GTS !! » Zzzzzz Zzzzzz « Oh ! Coco ! Réveille toi, t'es en plein délire là ! Tu rêves ?» J'en ai bien peur, malheureusement... Retour sur terre. Le joujou italien coûte quand même 297 914 euros... Vous avez dit « enfants gâtés » ? Je ne l'ai pas été suffisamment, visiblement. Mais, Papa, Maman, je ne vous reproche rien. Juré.

V12 Atmosphérique, le Graal

En revanche, je pourrais tout à fait comprendre que le père Noël, lui, ait décidé cette fois-ci, de laisser son vieux traineau à jouets et ses rennes fatigués pour utiliser la 812 GTS à la distribution des cadeaux. Cette nouvelle Ferrari est à ce jour le cabriolet le plus puissant du marché. Imaginez-le avec sa belle barbe blanche au vent, en train d'accélérer à pleine balle grâce aux 800 pur-sang sous le capot, en forme olympique ! Quelle classe avec son habit rouge...

En tout cas, il manquerait assurément de discrétion car le V12 chante la charge de la brigade légère à tue-tête, et passés les 6.000 tours/minutes, hurle comme les orgues de Saint-Pierre de Rome... La mélodie du bonheur. En mode majeur. Une vocalise si caractéristique qui atteint son apogée à plus de 8.900 tours. Elle rend l'harmonie de son V12 6,5 litres atmosphérique fort de 800 chevaux (des vrais), unique au monde. Ferrari, en chef d'orchestre, en a le secret. Cette GT souffle, prestissimo, de l'explosivité mécanique grâce à un moteur qui n'a cessé, en réalité, de battre depuis le début dans les bolides rouge de Maranello.

L'histoire, un éternel recommencement

Mais encore pour combien de temps ? Ferrari résiste, encore un peu, fidèle à sa tradition sportive : le V12 survit, et nous, également, tant que l'électricité, tueuse de son et d'émotion, ne viendra pas altérer le Grand Tourisme, transalpin.

Dans l'obligation de répondre aux normes imposées, Ferrari a pourtant déjà mis le doigt dans la prise, une première fois avec la LaFerrari, puis une seconde fois, avec les V8 des SF90 Stradale coupé et Spider. A chaque fois, une hybridation, pas de « zéro émission »... Il est clair qu'Edison s'est immiscé dans les futurs programmes du Cheval Cabré. Au moins, la GTS reste dans la noblesse encore quelques temps.

Et il aura fallu attendre un demi siècle pour que Ferrari revienne au Spider V12 monté à l'avant. Une tradition débutée en 1948 avec la 166MM et qui s'est achevée curieusement en 1969 avec la Daytona Spider, la fameuse 365 GTS4. Il y a eu quelques exceptions, c'est vrai, les 550 et 575 Maranello la 599, la F12... Mais il s'agissait de toutes petites séries spéciales, très limitées en nombre, conçues presque à la demande de clients fortunés. Aujourd'hui, Maranello réinvente un cabriolet d'exception, conçu sur la base de la Superfast.  

Toit rétracté en 14 secondes

Et pour admirer le nouveau bolide à la bouche béante, nous nous sommes rendus à Monaco, bien loin de la maison du père Noël, mais un paradis terrestre pour ses affaires de cadeaux... Le caillou doré de la Cote d'Azur est plus sérieusement l'un des derniers sanctuaires où les Ferrari, et plus largement les supercars, jouent presqu'à domicile. Ferrari a façonné une longue et belle GT vêtue d'une robe de couleur rouge : un rouge « Rosso » spécial 70ème anniversaire de la marque et parsemé de carbone aux endroits stratégiques.

Ferrari a opté pour un toit rigide rétractable qui se déploie en 14 secondes, et jusqu'à 45 km/h. Mais pour conserver une performance optimale, Ferrari a rigidifié le châssis de quelques 75 kg.... Un surpoids conséquent mais qui ne trahit pas l'esprit du Grand Tourisme, surtout lorsque le V12 6,5 litres développe autant de puissance. Avec au total 1670 kg sur la balance, la Ferrari 812 GTS conserve même un corps d'Athlète, un poids contenu pour une GT qui mesure 4,70 m et près de deux mètres de large.

A l'intérieur, c'est grandiose, et lorsque vous prenez place au volant, tous les sens se mettent en éveil. Avec cette planche horizontale, aussi affutée que luxueuse mêlant cuir, carbone, aluminium, un volant  digne d'une Formule 1, un compteur central où le nombre de tours maxi indique son pedigree... Et lorsqu'on appuie sur le bouton rouge « start », les chevaux s'animent et vous donnent la chair de poule ! C'est magique.

La folie du V12 atmosphérique...

Lorsque vous roulez cheveux au vent avec cette machine aussi performante qu'élégante, vous avez un sentiment de puissance. Rien ne peut vous atteindre... J'avoue être toujours bluffé par l'incroyable vélocité d'une Ferrari et le savoir faire qui va avec. Cette GT revête deux visages : la facilité sans excès et la maitrise à l'extrême.

La 812 GTS est particulièrement performante : moins de 3 secondes, pour  atteindre les 100 premiers km/h ; 8,5 secondes pour les 200 et puis on atteint le 7ème ciel à 340 km/h sans trop s'énerver. C'est hors norme.

La chair de poule ne vous quitte pas, les frissons non plus, à chaque accélération, c'est l'extase, le nirvana de l'automobile. Le V12 délivre cette cavalerie sans artifice avec une force moteur incroyable : le couple culmine à 718 Nm. Il faut être quand même rudement concentré. Vous avez entre les mains 800 chevaux associés à une boite de vitesses à double embrayage à 7 rapports... et sur les routes sinueuses de l'arrière pays niçois, vous prenez beaucoup de vitesse très vite... Il faut donc savoir arrêter cette GT à temps, ne pas trop s'emballer pour ne pas être pris au dépourvu.

Mais la 812 GTS possède, comme la Superfast, quelques artifices techniques indispensables à la maitrise du bolide. Elle dispose d'une direction électrique, aussi précise que rigoureuse qui permet au train avant d'être dans le droit chemin tout en étant secondée par des roues arrière directrices, qui aident à gommer le sous virage.

La GTS se dote, également, de freins céramique-carbone qui, avec un diamètre conséquent, 400 mm à l'avant et 360mm à l'arrière, rassurent en toute circonstance... C'est aussi l'assurance d'avoir un maintien des freins endurant. La GT dispose d'un différentiel électronique 5.0 SSC assez intelligent pour coordonner le comportement de la voiture... Elle est même capable avec ce genre de dispositif et le mode F1 Track d'aller user de la gomme avec force.

Alors évidemment, la Ferrari 812 GTS est un modèle inaccessible pour le commun des mortels... 297 914 euros. Auxquels il faut rajouter une fiscalité débordante en France, avec un malus de 40000 euros en 2021 ! Le prix d'une très belle voiture. De quoi, même à ce tarif, refroidir l'achat de certains. Le malus d'ailleurs explose dans l'hexagone dans toutes les catégories et pour toutes les voitures qui procurent du « plaisir ». A t on vraiment besoin d'en arriver là ? Pas sûr.

Caractéristiques techniques Ferrari 812 GTS (2021)

  Modèle essayé : Ferrari 812 GTS Dimensions L x l x h Empattement Volume coffre Poids à vide Cylindrée du moteur Puissance moteur Couple 0 à 100 km/h Vitesse max Consommation annoncée Taux de CO2 Malus 2021 Tarifs
4,693 / 1,971 / 1,278 m
2,720 m
250 l 
1.670 kg
12 cylindres en V, atmosphérique - 6.496 cm3 
800 ch à 8.500 tr/min
718 Nm à 7.000 trs/mn
2,9 s
340 km/h
14 l / 100 km (WLTP)
318 g/km
40.000 €
à partir de 297.914 €

Bilan

Son prix fait sourire les passionnés ou fait sursauter ceux qui ne comprendront jamais qu'on puisse mettre autant d'argent dans une voiture. Avec 300000 euros, on en fait des choses, se loger par exemple. Mais le problème n'est pas là... L'automobile d'exception doit survivre, parce qu'elle tire l'ensemble de la chaine vers le haut... Et si certains en ont les moyens, et bien laissons les donc, cela permet au moins à ces marques, comme Ferrari, de continuer à exister, et à nous, de nous faire rêver.